mercredi 6 mars 2013
mercredi 17 octobre 2012
mercredi 22 août 2012
Alors que la tête de la flotte s'est empêtrée dans la dorsale avec plus ou moins de bonheur, les classements de ces dernières heures laissent transparaître une particularité à laquelle les courses de la saison ne nous avaient pas habitués: il y a autant de séries que de protos dans les 10 premiers au scratch. Au delà des habituelles taquineries fraternelles dont les pontons bruissent, partons à l'aventure pour une tentative d'explication.
Au départ d'Horta, les deux tiers de la flotte étaient des séries. Sans en comprendre les raisons, il se trouve que les séristes ont dans leur grande majorité opté pour la route nord alors que les prototypistes tâtonnaient entre l'ortho et le routage.
Depuis la saison dernière déjà, on assiste à la montée en puissance des Nacira qui attaquent maintenant l'hégémonie des Pogo 2. Des coureurs très engagés ont choisi le plan De Beaufort et se donnent les moyens (en temps et en argent) de mettre au point leur bateau visiblement bien né (on peut le dire aujourd'hui...). Dans cette effervescence, les Pogo 2 ne sont pas restés les bras ballants et le niveau général sur la tête de la flotte série semble être monté d'un cran ces derniers temps.
En parallèle, le faible nombre de protos au départ des Sables, moitié moins qu'à l'édition précédente, réduit automatiquement les chances de belles trajectoires sans casse (bien que le taux d'abandons cette année soit bien supérieur en série).
Enfin il faut se rappeler du principal enseignement d'une Mini-Transat quant aux performances: c'est d'abord une histoire de marin. Dans le choix de leur route, dans le rythme à donner, dans la gestion technique de leur bateau, les ministes se rient de la nature de leur monture.
Il y a bien-sûr un paquet d'autres explications à cette drôle de parité dans le top 10 actuel, les marins pourront probablement nous en dire plus dans quelques heures (encore une magie du Mini: tant que les coureurs ne sont pas à terre, les supputations sont de mise).
Au départ d'Horta, les deux tiers de la flotte étaient des séries. Sans en comprendre les raisons, il se trouve que les séristes ont dans leur grande majorité opté pour la route nord alors que les prototypistes tâtonnaient entre l'ortho et le routage.
Depuis la saison dernière déjà, on assiste à la montée en puissance des Nacira qui attaquent maintenant l'hégémonie des Pogo 2. Des coureurs très engagés ont choisi le plan De Beaufort et se donnent les moyens (en temps et en argent) de mettre au point leur bateau visiblement bien né (on peut le dire aujourd'hui...). Dans cette effervescence, les Pogo 2 ne sont pas restés les bras ballants et le niveau général sur la tête de la flotte série semble être monté d'un cran ces derniers temps.
En parallèle, le faible nombre de protos au départ des Sables, moitié moins qu'à l'édition précédente, réduit automatiquement les chances de belles trajectoires sans casse (bien que le taux d'abandons cette année soit bien supérieur en série).
Enfin il faut se rappeler du principal enseignement d'une Mini-Transat quant aux performances: c'est d'abord une histoire de marin. Dans le choix de leur route, dans le rythme à donner, dans la gestion technique de leur bateau, les ministes se rient de la nature de leur monture.
Il y a bien-sûr un paquet d'autres explications à cette drôle de parité dans le top 10 actuel, les marins pourront probablement nous en dire plus dans quelques heures (encore une magie du Mini: tant que les coureurs ne sont pas à terre, les supputations sont de mise).
lundi 20 août 2012
Les conditions météorologiques rendent en ce moment la réception AIS très performante (à voir sur MarineTraffic ou VesselFinder par exemple).
A 22h00 ce soir:
On distingue très bien "l'autoroute" entre le rail d'Ouessant et celui du cap Finisterre.
L'amas de navires dans le SW de Penmarch correspond peut-être à un secteur de pêche. Plus probablement, c'est une zone particulièrement bien couverte en ce moment par un récepteur côtier. Il faut imaginer que l'ensemble du Golfe de Gascogne est sillonné de centaines de bateaux de pêche, ferries, pétroliers, navires de guerre,... Un piment dont se passeraient probablement les coureurs !
A 22h00 ce soir:
On distingue très bien "l'autoroute" entre le rail d'Ouessant et celui du cap Finisterre.
L'amas de navires dans le SW de Penmarch correspond peut-être à un secteur de pêche. Plus probablement, c'est une zone particulièrement bien couverte en ce moment par un récepteur côtier. Il faut imaginer que l'ensemble du Golfe de Gascogne est sillonné de centaines de bateaux de pêche, ferries, pétroliers, navires de guerre,... Un piment dont se passeraient probablement les coureurs !
dimanche 19 août 2012
Ce que les prévisions du départ laissaient subodorer est en train d'advenir: une dorsal s'étendant de l'ouest du Portugal à la pointe de la Bretagne bloque l'entrée du Golfe de Gascogne. Dans l'ouest de l'Irlande, une dépression stationnaire maintient mollement un flux de SW.
Pour les marins engagés dans cette deuxième étape, il a donc fallu choisir entre une route plus courte et moins ventée (la route directe) et un détour par le nord pour aller chercher plus de pression. Aujourd'hui, les dès sont jetés: les sudistes vont buter en premier dans la molle alors que les nordistes ont une chance de passer en ralentissant peu et moins longtemps.
Ci-dessous, un petit graphique plus bavard qu'un long discours. En ordonnées, la latitude. En abscisses, le temps perdu à l'arrivée en heures. On imagine une flotte de Minis étalés du 45 N au 48 N sur un axe perpendiculaire à la route directe vers les Sables et passant par la position du 788 (il faut bien une référence !). Même avec 7 points, c'est presque linéaire.
Si les polaires utilisées sont réalistes et si le fichier météo l'est aussi (on connait les imprécisions des GFS sur les zones de hautes pressions), il semble délicat d'annoncer une arrivée de Benoit Marie (667) devant Nicolas Boidevezi (719).
La carto de 16h00 est toujours très intéressante puisqu'elle montre les changements de route opérés par les solitaires après l'écoute du bulletin de 11h02 TU. Aujourd'hui, Aymeric Chappelier (788) a empanné au déjeuner conformément au pragmatisme qui lui avait si bien réussi sur la première étape.
Nico Boidevezi a repris 70 milles en 24h sur la tête de la course, on voit mal comment il ne serait pas leader demain matin. Reste à voir si ses concurrents vont se recaler derrière lui ou bien tenter leur chance à travers la bulle.
La situation en série est plus complexe. Là aussi, il y a une prime aux nordistes mais les partisans d'une route médiane (Simon et Aymeric) ont un petit matelas d'avance qui doit leur permettre de se recaler devant les collègues septentrionaux.
Il n'y a toujours pas de nouvelles d'une éventuelle avarie sur le Mini de Justine mais sa trace de samedi matin (ci-dessous) laisse penser à une sortie de piste douloureuse dans laquelle elle aurait laissé un bout-dehors, par exemple. La course n'est pas finie mais sa position dans la flotte, les blessures du bateau et le coup au moral ne vont pas l'aider à préserver sa place au classement général.
Pour finir, une petite pensée pour le directeur de course qui a dû se ronger les sangs en voyant qu'une partie de la flotte attaquait l'étape sur la route directe. Un démâtage parmi ces sudistes les aurait amené à croiser la route du cyclone Gordon en fin de vie... (voir ici).
Pour les marins engagés dans cette deuxième étape, il a donc fallu choisir entre une route plus courte et moins ventée (la route directe) et un détour par le nord pour aller chercher plus de pression. Aujourd'hui, les dès sont jetés: les sudistes vont buter en premier dans la molle alors que les nordistes ont une chance de passer en ralentissant peu et moins longtemps.
Ci-dessous, un petit graphique plus bavard qu'un long discours. En ordonnées, la latitude. En abscisses, le temps perdu à l'arrivée en heures. On imagine une flotte de Minis étalés du 45 N au 48 N sur un axe perpendiculaire à la route directe vers les Sables et passant par la position du 788 (il faut bien une référence !). Même avec 7 points, c'est presque linéaire.
Si les polaires utilisées sont réalistes et si le fichier météo l'est aussi (on connait les imprécisions des GFS sur les zones de hautes pressions), il semble délicat d'annoncer une arrivée de Benoit Marie (667) devant Nicolas Boidevezi (719).
La carto de 16h00 est toujours très intéressante puisqu'elle montre les changements de route opérés par les solitaires après l'écoute du bulletin de 11h02 TU. Aujourd'hui, Aymeric Chappelier (788) a empanné au déjeuner conformément au pragmatisme qui lui avait si bien réussi sur la première étape.
Nico Boidevezi a repris 70 milles en 24h sur la tête de la course, on voit mal comment il ne serait pas leader demain matin. Reste à voir si ses concurrents vont se recaler derrière lui ou bien tenter leur chance à travers la bulle.
La situation en série est plus complexe. Là aussi, il y a une prime aux nordistes mais les partisans d'une route médiane (Simon et Aymeric) ont un petit matelas d'avance qui doit leur permettre de se recaler devant les collègues septentrionaux.
Il n'y a toujours pas de nouvelles d'une éventuelle avarie sur le Mini de Justine mais sa trace de samedi matin (ci-dessous) laisse penser à une sortie de piste douloureuse dans laquelle elle aurait laissé un bout-dehors, par exemple. La course n'est pas finie mais sa position dans la flotte, les blessures du bateau et le coup au moral ne vont pas l'aider à préserver sa place au classement général.
Pour finir, une petite pensée pour le directeur de course qui a dû se ronger les sangs en voyant qu'une partie de la flotte attaquait l'étape sur la route directe. Un démâtage parmi ces sudistes les aurait amené à croiser la route du cyclone Gordon en fin de vie... (voir ici).
mercredi 15 août 2012
Report du départ, changement du parcours, on imagine bien que la direction de course a eu du travail ces dernières heures. Pour les coureurs, la situation n'a probablement pas été facile non plus.
A mesure que le départ initial approchait, la dépression annoncée se faisait plus hargneuse. On imagine d'abord l’excitation puis le doute quant au plaisir à naviguer dans des conditions limites, enfin la peur sourde, viscérale, refoulée et inhibante: peur de ne pas réussir à traverser, peur de casser, peur de rater sa course, simplement peur de se mettre en danger.
En mer, prendre certains risques fait partie du quotidien. Ils sont liés au milieu, à l'exercice de la course et tous simplement au fait que naviguer n'est qu'une hyperbole de la vie. Par contre, se mettre en danger est toujours intolérable puisque cela revient à courir le risque de ne pas atteindre l'objectif initial d'une expédition maritime: arriver au port sur son bateau.
En regardant les photos de Christophe Breschi prises cette après-midi sur le ponton, on perçoit bien la tension parfois masquée par un sourire. Prendre un départ en combinaison sèche est tout de même assez rare en Mini...
A mesure que le départ initial approchait, la dépression annoncée se faisait plus hargneuse. On imagine d'abord l’excitation puis le doute quant au plaisir à naviguer dans des conditions limites, enfin la peur sourde, viscérale, refoulée et inhibante: peur de ne pas réussir à traverser, peur de casser, peur de rater sa course, simplement peur de se mettre en danger.
En mer, prendre certains risques fait partie du quotidien. Ils sont liés au milieu, à l'exercice de la course et tous simplement au fait que naviguer n'est qu'une hyperbole de la vie. Par contre, se mettre en danger est toujours intolérable puisque cela revient à courir le risque de ne pas atteindre l'objectif initial d'une expédition maritime: arriver au port sur son bateau.
En regardant les photos de Christophe Breschi prises cette après-midi sur le ponton, on perçoit bien la tension parfois masquée par un sourire. Prendre un départ en combinaison sèche est tout de même assez rare en Mini...
lundi 13 août 2012
A mesure que le départ approche, les prévisions se font plus précises.
Si à première vue les protos les plus véloces gardent leur piste noire avec un final en pente douce dans le Golfe de Gascogne, il en va autrement du reste de la flotte (80%...). Une vaste zone anticyclonique enflant vers le nord est annoncée entre les Açores et les cotes françaises, induisant pétole et même vent contraire pour les marins lâchés trop tôt par le vent portant fort.
En faisant varier l'efficacité d'une polaire de proto et d'une polaire de série, on s'aperçoit que la perte de temps n'est pas proportionnelle à la perte de vitesse (ce le serait si le vent restait parfaitement stable).
Sur le graphique ci-dessous, on voit qu'un proto (courbe rouge) capable de naviguer entre 89 et 100% de sa polaire perdra moins que ce qu'il lève le pieds. Si par contre il navigue entre 80 et 89%, l'addition s'alourdit plus que ce que le bateau ralentit. Pour un série (courbe verte), le constat est plus sévère: il risque d'y avoir un décrochage des bateaux menés un peu en dedans.
Autrement dit, ça va partir par devant (logiciels de routage et tableurs auraient-ils tendance à rendre obscur ce qui tient en une phrase ?).
Pour les coureurs, l'enjeu est donc simple: atteindre le plus vite possible l'entrée du Golfe de Gascogne. Pour cela, il faudra mettre du charbon dès la ligne de départ et durer dans un exercice de funambule au cours duquel une sortie de piste payée une première fois quelques dizaines de minutes coûtera aux Sables plusieurs heures. C'est exaltant, c'est aussi un peu effrayant !
Si à première vue les protos les plus véloces gardent leur piste noire avec un final en pente douce dans le Golfe de Gascogne, il en va autrement du reste de la flotte (80%...). Une vaste zone anticyclonique enflant vers le nord est annoncée entre les Açores et les cotes françaises, induisant pétole et même vent contraire pour les marins lâchés trop tôt par le vent portant fort.
En faisant varier l'efficacité d'une polaire de proto et d'une polaire de série, on s'aperçoit que la perte de temps n'est pas proportionnelle à la perte de vitesse (ce le serait si le vent restait parfaitement stable).
Sur le graphique ci-dessous, on voit qu'un proto (courbe rouge) capable de naviguer entre 89 et 100% de sa polaire perdra moins que ce qu'il lève le pieds. Si par contre il navigue entre 80 et 89%, l'addition s'alourdit plus que ce que le bateau ralentit. Pour un série (courbe verte), le constat est plus sévère: il risque d'y avoir un décrochage des bateaux menés un peu en dedans.
Autrement dit, ça va partir par devant (logiciels de routage et tableurs auraient-ils tendance à rendre obscur ce qui tient en une phrase ?).
Pour les coureurs, l'enjeu est donc simple: atteindre le plus vite possible l'entrée du Golfe de Gascogne. Pour cela, il faudra mettre du charbon dès la ligne de départ et durer dans un exercice de funambule au cours duquel une sortie de piste payée une première fois quelques dizaines de minutes coûtera aux Sables plusieurs heures. C'est exaltant, c'est aussi un peu effrayant !
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